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CONCORDIA – CÉRAMIQUE Octobre 2007: Francine Potvin professeure
1.Séance hands on autour d'un logiciel d'animation
2. Visite à l'atelier Bonsecours et rencontre avec Gustavo Perez ( vu A,Lacroix)
3.Présentations des travaux de Natasha, Sacha (Japon) et Élisabeth
4. Papier argile (expérience)
5. Visite à l'atelier de Vera Vincenti
6. Articles suggérés et lus: Suzanne Lacy (Debated Territory: Artists'Roles in a Culture of Visibility etSuzy Gablik: Connective aesthetics: arts After Individualism
7.Mixage d'argile
8. Mon projet: présentation et début
9. Mon portfolio sculpture (en PP)
1.Séance "hands on" autour d'un logiciel d'animation
Cette séance animée par un freak de logiciels comme j'en ai tant côtoyé dans ma carrière, m'a débandé tout à fait d'entrée de jeu. Je n'ai pu tenir au delà d'une heure. Les logiciels
d'animation présentent sans doute un intérêt pour les personnes qui désirent faire de la conception par ordinateur. Moi je veux faire de la conception par argile:). J'ai déguerpi de
la classe : on a dû penser que j'étais trop agée pour ce genre de truc!
2. Visite à l'atelier Bonsecours et rencontre avec Gustavo Perez ( vu A,Lacroix)
J'ai dû rater la description et le but de cette sortie qui impliquait d'être disponible de 4h à 7h. J'avais pris un rv à 5h ailleurs. Bon quoiqu'il en soit j'ai eu l'occasion de voir
et d'apprécier une petite exposition d'oeuvres sculptées ou céramiques, je ne sais plus comment appeler ça. Pour moi c'est de la sculpture avec l'argile, d'autres appellent ça de la céramique.
J'ai regardé sur Internet peu après les infos concernant l'invité Gustavo Perez. Il fait des bols et je ne trippe pas là-dessus. J'ai revu André Lacroix qui participait à la présentation de
M.Perez: il semblait avoir une grande admiration pour lui. (André Lacrois c'est celui qui tient des ateliers de céramique à Rawdon, où je suis allée cet été)
3.Présentations des travaux de Natasha, Sacha (Japon) et Élisabeth
Cette semaine là, trois étudiantes ont présenté leur intérêt et leurs pièces. Certaines ont raconté comment avait émergé chez elle ce goût pour l'art et ce qu'il avait suscité comme
manifestation, Une autre a parlé de son expérience autour de la céramique et de la culture japonaise lors d'un récent voyage. Certaines présentations étaient trop brèves d'autres trop
longues. Les questions de Francine sont très pertinentes et m'aide à "regarder":)
4. Papier argile (expérience)
Francine a mentionné à plusieurs reprises qu'une quantité d'argile papier était disponible pour un temps limité. J'ai fait un essai. La matière est fort liquide, en comparaison avec ce que
j'avais déjà expérimenté il y a quelque temps. Tremper des objets dans cette mixture ne m'est pas apparue comme relevant d'une rare expérience artistique extatique et jouissive. Disons que je
classe dans "done".
5. Visite à l'atelier de Vera Vicenti
D'origine brésilienne, j'ai cru comprendre, Vera a installé son atelier de céramique sur la belle rue Laval près de Roy. Elle fait des oeuvres abstraites super léchées dans lesquelles
jouent les contrastes (blanc/noir, vide/plein) . Nous avons discuté de technique, de la difficulté de vivre de son art, de la nécessité d'avoir une autre source de revenus, de l'intégrité de
l'artiste à travers tout cela et aussi de l'identification de l'artiste en tant qu' artiste, céramiste, sculpteure. Intéressant.
6. Articles suggérés et lus:
Suzanne Lacy (Debated Territory: Artists'Roles in a Culture of Visibility et
Suzy Gablik: Connective aesthetics: arts After Individualism.
Suzy Gablik: Connective aesthetics: arts After Individualism.
Ici on cherche une raison à l’art : est-ce que l’on fait des objets à commercialiser et consommer? Ou bien si l’art devrait supposer une raison morale ou sociale? Le mythe du génie isolé, l’artiste Individualiste, la perfection qui vient de l’indépendance de l’artiste, la prépondérance du style visuel persiste mais est en voie de changer ( enfin l’auteure l’espère) au profit d’une créativité qui prend en compte le rôle social de l’œuvre et de l’artiste. Emphase sur la nature relationnelle de la réalité plutôt que sur des objets. De la nécessité pour l’artiste, de développer de nouvelles compétences. On ne peut juger de l’art nouveau par des standards anciens. L’hégémonie de l’œil est très présente dans notre culture : nous sommes obsédés par le regard. Pour défier le paradigme de l’art centré sur la vision il faut donner du pouvoir à l’autre et lui permettre de découvrir sa propre créativité. La connectivité plutôt que l’isolement donne un sens différent à l’art et à l’esthétique, selon l’auteure.
Suzanne Lacy (Debated Territory: Artists'Roles in a Culture of Visibility
Certaines questions inté: est-ce que les oeuvres d’artistes qui choquent la sensibilité de certaines gens devraient être subventionnées? L’auteure appuie Suzanne Lacy dans son idée de redéfinir l’interaction entre l’artiste et l’auditoire. : vers un engagement mutuel. Évoque les artistes publics « nouveau genre » qui exposent par exemple le racisme, les activités stéréotypés. Le new genre public art est fondé sur l’engagement. L’auteure définit cet engagement comme l’utilisation de media traditionnel et non traditionnel pour communiquer et interagir avec un auditoire vaste et diversifié à propos de problématique pertinente dans leur vie (à l’auditoire comme à l’artiste). Elle propose u n continuum dans le niveau d’engagement :
L’engagement de l’artiste « privé » vers l’artiste « public »
Privé publique
Expérimentateur reporteur analyste activiste
Ces deux articles n’ont pas été discutés en classe. Cependant les questions posées par FP aux étudiantes durant la présentation de leur travail s’articulent autour de ces préoccupations. Exemple : que voulez-vous démontrer, que cherchez-vous, que représentent ces objets pour vous, quelle est votre intention, pourquoi avoir choisi de placer les objets ainsi, où pensez-vous les exposer, comment etc etc. Bref faire évoluer de l’expérimentateur -trice vers le reporteur et l’analyste et finalement vers l’activiste.
Personnellement je ne pense pas qu’il convient à toutes les personnalités de jouer le rôle d’analyste ou d’activiste. Tant mieux si l’on peut tendre vers l’activisme et quitter la vison (le modèle) romantique de l’artiste. La question à se poser : jusqu’à quel point la formation offerte (dans ce cours notamment) contribue à développer les compétences de l’artiste engagée? …le niveau d’interaction entre les étudiantes et entre professeure et étudiantes est tellement faible… (il me semble que l’engagement commence par une volonté et un encouragement à la mise en commun,un dialogue quoi )
7. Mixage d'argile
Quelle affaire que ce mixage d’argile! Après une heure d’attente de ma coache qui a oublié de se présenter, mon masque tout prêt, j’ai été guidée par une technicienne pour m’indiquer les choses a faire; apporter un chariot, aller à la sécurité, demander la clé pour le local B119. Aller y chercher les mixtures indiquées au tableau. Rapporter la clé à la sécu, aller dans la salle, mettre le masque, mettre l’aspirateur en marche, suivre les indications de quantité, remplir 200 livres diverses poudres dans un grand tonneau et puis brasser et transverser 3 cuillères à la fois dans un mixer en ajoutant de l’eau ( quelle quantité? Sais pas) Bon. Il me prend de demander combien de temps dure le processus généralement : 2 heures. Oh la la : le stationnement non prévu et la visite prévue;..puis-je abandonner en cours de route et revenir. Regard littéralement horrifiée de la technicienne : HORS de question. Ok ok. On s’énerve pas. Finalement ma coach (Fiona) est arrivée et m’a aidé à finaliser toute l’affaire : notamment faire des blocs avec ces 200 livres de glaise. Ouf ! Heureusement qu’elle est venue, j’aurais tout foutu aux poubelles! Il fallait aussi laver la grosse bassine et le plancher. Non mais! J’étais littéralement épuisée! Contente d’avoir surmonté à peu près décemment ce que j’appelle ce « rite de passage » mais pas plus éclairée qu’avant sur la nature des composants qui entrent dans la mixture du grès.
8. Mon projet: présentation et début
« …que la série est un vecteur approprié de l'art conceptuel, car elle est un modèle de fonctionnement de la pensée… Judy Lippard»
Je ne suis pas une sculpteure en série. Je cherche une autre connaissance de moi-même en créant des images et des formes. Je tente de saisir des instants qui témoignent de ma compréhension de la vie.
Voici le texte que j’ai rédigé en début de parcours à la demande de FP.
Mes intentions
Je me propose d’explorer le rapport entre l’argile et le plaisir. Quand la matière favorise-t-elle ou contraint-elle le plaisir de la travailler? En quoi consiste ce plaisir? Y a-t-il un lien entre le plaisir éprouvé en travaillant l’argile et le résultat?
But et objectifs : Mon but est de cerner plus précisément le plaisir que j’éprouve à travailler l’argile afin de mieux l’exploiter. Mes objectifs :
Après avoir établi les caractéristiques du plaisir que je veux expérimenter ex; sensations, niveau de confort, humeur, contrainte, jeu, je désire mettre en relation : plaisir et matériaux (type d’argile, type de fini), plaisir et traitements (cuisson), plaisir et grosseur des pièces, plaisir et résultats anticipés (inspiré de, copié de, imaginé par moi, émergé (sans devis ou dessin préalable)
Idées maîtresses : Découvrir ou mieux saisir ce qui est issu de moi et qui m’apporte du plaisir et en quoi consiste ce plaisir dans le travail de l’argile. Quelles sont les contraintes et/ou empêchements que je me suis fabriquées au cours de ma pratique? Qu’est-ce que j’aimerais dépasser ou cultiver davantage pour évoluer dans ma pratique? Dégager l’importance du plaisir de faire, du plaisir issu du résultat, du regard de l’autre à propos du résultat : en quoi cela influence ce que je fais et comment je le fais.
Émotions, pensées et expériences: Il m’importe de saisir et de prendre en note dans un journal de bord, les conditions environnantes et les réflexions qui accompagnent la réalisation de chaque pièce.
Production : Idéalement j’aimerais produire de 6 à 10 pièces et j’anticipe avoir besoin d’environ 200 à 300 livres d’argile.
Matériaux, Type d’argile : Grès blanc sans chamotte et grès noir avec chamotte
Techniques de façonnage : Ronde bosse et bas relief
Traitement de surface : Avec et sans engobe
Cuisson : RAKU et gaz
Lieux et/où espace publics d’installation : café resto du quartier ou salon de coiffure et d’esthétique ou bibliothèque ou Centre des femmes ou CACI dans la région de Lanaudière.
Bon ça c’était avant. L’ensemble demeure assez juste d’un point de vue méta, cependant ces réflexions commandent une visée plus fonctionnelle ou opératoire. Le plaisir par exemple : quelle évocation du plaisir aimerais-je aborder? Deux sujets me tentaient :
1. reproduire les 206 os du corps humain en argile : les os, ce qui reste le plus longtemps sur terre de nous, se décomposent en poussière qui se mêle à la terre; prendre la terre pour les reconstituer :un clin d’œil à la création J
2. la danse avec les chats ou les chats dansants, m’inspirant de l’ouvrage de Burton Silver et Heather Bush. Je m’intéresse à ce qu’un guérisseur spirituel [1]appelle « l’énergie qui nous lie avec les êtres vivants ». Il semble que les chats domestiques, entre autres, constituent une « part agissante de ces champs d’énergie et ils peuvent influer sur la manière dont nous, êtres humains, ressentons les événements autour de nous et agissons »[2] Danser avec un ou des chats permet la circulation d’une énergie dynamique entre le chat et la danseuse ou le danseur. J’ai essayé de danser avec mes chats : j’ai vite réalisé qu’il me faudrait énormément plus de souplesse pour suivre leurs mouvements! Quoiqu’il en soit, on dit que cette pratique date d’aussi loin que 1692 mais qu’elle fut réprimée par l’Église qui y voyait des cabrioles avec le démon. Le renouveau de la danse féline a eu lieu vers la fin des années 80 et est apparu en Nouvelle Zélande et aux Etats-Unis. Elle s’est répandue en Europe au début des années 90.
Décision
Explorer les diverses représentations de chats dansant m’apparaît directement en lien avec l’idée globale de lier argile et plaisir. Ce projet peut être plus facilement faisable dans le calendrier du cours, contrairement au squelette, même si je me limitais aux seuls os de la tête (une trentaine)
Mon choix se porte donc sur la représentation des chats dansants et potentiellement avec des danseurs humains : ces derniers seront vaguement esquissés pour illustrer le propos (et non dans le but de reproduire exactement l’anatomie humaine : ce qui n’est pas mon propos) De même les chats seront librement esquissés pour évoquer l’énergie qu’ils dégagent (et non leur anatomie exacte.
En cours de route, je consulte « L’univers des chats »[3] pour les races, les robes, les habitudes, les caractéristiques. Et j’observe attentivement mes deux tonkinois (croisement burmese et siamois, découvert en 1930 en Birmanie).
Grandeur potentielle des chats : de 5 à 15 pouces
Argile : grès
Finition : oxydes
Cuisson : idéalement au RAKU
9. Mon portfolio sculpture (en PP)
un jour j'arriverai à importer ce fichier:)
10. Citations
Tiré du Site de Viviane Ambre Artiste sculpteure
…“C’est toujours ta vérité intérieure que tu dois suivre, non ton idée… et encore moins celle d’un autre, même sous la forme d’une mode ou d’une abstraction…
Ton idée d’ailleurs risque d’être trop nette, trop ennuyeuse ; ta réalité personnelle est en général plus hésitante, plus irrégulière, et il n’y a rien de plus beau que l’imperfection, à condition qu’elle soit naturelle…
et ton oeuvre sera conduite vers la faille qui est en toi et qui est tout le charme de ceux qui t’aiment ainsi. Tu atteindras alors l’oeuvre vraie qui ne peut être que celle que tu n’as pas voulue”.
Yu Fujiwara
L'art et la manière
LNA#42 /
Ne fait-il qu’imiter la vie ? Il part du principe que penser à la vie, c’est la vie. Quand je pense à ce que je suis en train de faire, je pense à ce que je vis là maintenant. J’ai une idée de ce que je fais. En ce sens, la vie est une idée. « Quelle que soit l’idée – jouer, souffrir ou n’importe quoi d’autre – elle fl otte, hors du temps, dans mes pensées. Mais jouer à la vie sous n’importe quelle forme arrive en temps réel, moment après moment, et est distinctement physique ». Je suis fatiguée mais il est trop tôt pour aller me coucher ; alors je prends un café serré. Si je pense à la vie de cette sorte, elle se met à ressembler à mon besoin. Et c’est une autre idée. Il s’offre à l’expérimentateur une série sans fi n de découvertes. Ainsi, « l’art semblable à la vie se joue quelque part entre l’attention que l’on accorde au processus physique et l’attention à l’interprétation. C’est de l’ordre de l’expérience, et pourtant c’est impalpable ». La vie tout comme l’art est dans la confusion en ce qui concerne sa défi nition. L’art expérimental est un art philosophique plutôt qu’esthétique, un art qui pose l’existence comme sujet et non des sujets artistiques. L’expérimentateur est « hors du coup », hors du jeu de l’art et des actes qu’il requiert. Il efface l’idée de profession en tant que valeur et accepte seulement ce qui existe.
Expérience avec une pomme,séminaire atelier avec l’artiste
Jean-Paul Thibeau, Roubaix,
sept. 2005.
NB : Pour les amateurs, Jeff Kelley a publié une analyse pertinente de l’oeuvre d’Allan Kaprow in Childsplay : The Art of Allan Kaprow,
11. Journal de bord
Consulter mon journal de bord pour voir comment je me débrouille et m’amuse avec ce projet J
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